& esperluette &

Ducasse d’Ath : du pain et des jeux…

Conférence de Berlin bis…

    « Les Banyamulenge ont été victimes de discrimination pendant des années dans ce pays, dit Clément soudain agité, mais cela appartient au passé : aujourd’hui chaque Munyamulenge [singulier de Banyamulenge] envoie ses enfants à l’armée dès treize ans. » Les Congolais suspectent les Banyamulenge et les Rwandais de vouloir annexer une partie du Congo, dit-il, ce qui est complètement absurde. « Bien que le Congo soit trop grand pour être gouverné par un seul homme, naturellement. Il devrait y avoir une nouvelle conférence de Berlin, les frontières coloniales devraient être revues. »
    […]
    Tous ces gens qui dansent sur la piste, n’ont-ils jamais écouté un homme tel que Clément, ne sont-ils pas au courant de ses reproches et menaces ? Pourquoi alors font-ils semblant de rien ? Pensent-ils que ça se passera tout seul ? Mon cœur est là, au milieu de ces Congolais insouciants qui dansent, mais mon oreille est ici. Tandis que j’écoute Clément, les paroles d’un ami français résonnent dans ma tête : « La seule force des Congolais est leur inertie. Quelqu’un d’autre doit toujours tirer pour eux les marrons du feu. Un tel peuple est condamné à être dominé. »

Lieve JORIS, Danse du Léopard, Éditions Actes Sud, Paris, 2002, pages 267 à 370.

mardi 30 décembre 2008 - Posted by | livres | , , , , ,

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