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Ducasse d’Ath : du pain et des jeux…

Nomination du nouveau bourgmestre d’Ath (2/3)

    Contenu du couriel qui m’a été adressé aujourd’hui à 12:02 par Jean-Pierre Denis, Bourgmestre d’Ath.

     Monsieur Drapier,
    Tout d’abord laissez-moi vous remercier pour votre franchise. Beaucoup de gens pensent des choses ou colportent des opinions sans jamais s’adresser directement à l’intéressé. Je trouve cependant fort peu cavalier la méthode pour vous adresser à moi. Le mail est certes pratique mais rien ne remplace, je crois, une franche et courtoise conversation. Pour me juger vous vous basez sur une interview télévisée et je suppose l’un ou l’autre article de presse. Avouez qu’en matière d’objectivité des sources, la méthode est singulièrement entachée de légèreté, les médias ayant la particularité de présenter l’actualité au travers d’un prisme déformant et souvent influencés par une ligne éditoriale précise. Qu’à cela ne tienne, venons-en plutôt au fond de votre message.
    Ainsi, d’entrée de jeu, vous me reprocher mon manque de modestie, le taux d’absentéisme des conseillers, l’absence de déclaration politique, et de références au bourgmestre sortant. Afin de vous permettre de jugez de la pertinence de ces deux derniers points, je vous transmets en attache le texte complet de mon intervention devant le conseil communal, vous pourrez ainsi juger plus à propos le bien-fondé de vos affirmations.
    En ce qui concerne l’absentéisme, je m’en suis inquiété dès le début de la séance. Le conseil initial prévu de longue date pour le 4 juillet avait dû être retardé en raison des contingences administratives consécutives à la démission de Bruno Vangrootenbrulle survenue le 25 juin et coïncidant avec la date légale d’envoi des convocations.
    Pour ce qui concerne la déclaration de politique générale, j’ai choisi de simplement donner quelques orientations qui baliseront mon mandat m’inscrivant de ce fait dans la continuité de la tâche assurée par mon prédécesseur et l’équipe en place depuis les dernières élections communales de 2006. Je pense que vous ne verrez pas d’inconvénients à intégrer les préoccupations de développement durable dans la politique générale de notre ville. Les composantes énergétiques et celles liées à la baisse du pouvoir d’achat de nos concitoyens sont sur toutes les lèvres et je suppose également sur les vôtres.
    Quant à l’absence de modestie, je m’interroge sur ce qui vous permet de me juger de la sorte ; nous nous sommes rencontrés à une ou deux reprises, acceptez que ce soit un peu faible pour se constituer une opinion sur quelqu’un. Je passe sur mon appartenance à la « race des seigneurs », ce jugement de valeur n’engage heureusement que vous. Sachez toutefois que je me sens honoré d’exercer un mandat public. Mon engagement à m’y consacrer pleinement n’a d’égal que la confiance qu’il a plu à la population athoise de m’accorder. Il est vrai également que la perte de mon père alors que je venais juste d’avoir 26 ans a été déterminante dans mon engagement en politique. Quant à la fierté de l’engagement et des combats de mon père et grand-père permettez-moi d’assumer la responsabilité de mes propos. Tout comme eux, sachez que la politique est pour moi une passion désintéressée, le résultat d’une prise de conscience et une foi dans le rôle de l’action politique.
    Je ne comprends pas très bien votre allusion à « une personne enseignant l’histoire », « un enseignant en histoire » et le terme « historien ». Tout comme pour la politique, je nourris une véritable passion pour cette discipline. Je donne le meilleur de moi-même dans mon enseignement et avant d’être échevin, je tirais beaucoup de plaisir à fouiller les dépôts d’archives et à publier le résultat de mes recherches consécutivement à la participation à des colloques ou au travers des publications du Cercle royal d’histoire et d’archéologie local.
    En ce qui concerne les entorses à la démocratie au sein des intercommunales la situation n’est sans doute pas encore idéale, sachez simplement que le « petit » administrateur d’une de ces puissantes institutions est souvent poliment écouté mais que les changements de stratégie se discute en haut lieu et sont influencés par des intérêts de marketing et financiers qui nous dépassent. Comme vous, je trouve légitime de s’en offusquer, ce n’est cependant pas une raison pour baisser la tête et il reste du devoir de tout représentant de transmettre les opinions et récriminations de ses concitoyens.
    Votre sympathie pour Carine Delfanne vous honore mais gardez à l’esprit que dans un état démocratique le pouvoir à quelque niveau qu’il soit est transmis par le peuple. J’étais, en voies de préférence, juste après notre ancien bourgmestre, il est juste et surtout légal que je lui succède jusqu’aux prochaines élections. À ce moment les cartes pourront être redistribuées et chacun d’entre nous pourra choisir en connaissance de cause. Votre favorite est aujourd’hui membre du collège communal, il vous sera permis de juger de la pertinence et du bien-fondé de ses initiatives.
    Vous me paraphrasez en signifiant que Guy Spitaels a fait entrer Ath dans le
XXème siècle, je le pense et le réaffirme haut et fort. Sur l’échec de notre entrée dans le XXIème siècle et le départ du gestionnaire Marc Duvivier permettez-moi de garder plus de réserve. Je demande au secrétaire communal f.f. de vérifier votre demande par rapport aux données G.P.S. et la diffusion de la T.N.T. sur Ath.
    Vous vous en prenez ensuite à l’état de notre piscine. J’en conviens mais le moment le plus propice pour effectuer les réparations et l’entretien n’est-il pas le mois de juin durant lequel les écoles sont en examens ? Chaque année à cette période la coque est vidée et soumise à un examen attentif, nous nous sommes aperçus cette fois qu’une réparation plus conséquente devait être effectuée. L’importance de l’intervention ne nous a pas permis de rouvrir à la date initialement retenue, nous nous en excusons mais les impératifs de sécurité et de salubrité l’exigeaient. Ce retard de quelques jours n’hypothéqua pas grandement l’accès du public jeune à cette infrastructure qui malgré son âge (elle est trentenaire) remplit encore pleinement son rôle. Nous sommes conscients de l’état de vétusté de l’infrastructure et de l’aspiration du public à un autre service, mais il faut savoir raison garder et prendre en compte des impératifs financiers qui obèrent déjà fortement nos résultats. Le terrain de la future piscine existe, il se situe juste à côté du nouveau parking de la Sucrerie.
    Contrairement à votre opinion, je pense qu’il est important de donner la parole aux gens, de leur permettre de réagir par rapport à des aménagements les concernant. C’est, je crois, l’essence du débat démocratique. Je suis persuadé que les gens sont capables de détachement et susceptibles de mettre de côté leurs préoccupations individuelles pour penser plus globalement l’aménagement de leur espace de vie. Les projets collectifs doivent venir d’en haut mais peuvent aussi être porter par la base, c’est de cette façon que l’on fabrique des citoyens responsables de leur avenir et capables de s’investir dans des projets qui dépassent leurs petites préoccupations personnelles. Comme vous le constatez, je suis un chaud partisan de la citoyenneté active et demande simplement que les Athoises et les Athois soient les acteurs de leur existence. À nous après cela le devoir et l’obligation de porter ces projets avec professionnalisme. Notre administration est aussi là pour cela, nous lui en donnons les moyens humains et techniques.
    Je sens dans votre chef des doutes quant à mes convictions socialistes. Sachez qu’elles sont intactes et ne demandent qu’à s’exprimer. Retenez aussi qu’il n’y a pas une mais des opinions socialistes, la dissidence du M.S.A.D. vous en a donné une illustration. Sachez aussi que ma porte est ouverte à tout le monde et que les amis d’hier, même s’ils ont préféré se grouper avec le C.D.H., peuvent toujours venir me soumettre des projets et des collaborations. Nous gagnerions certainement à travailler à de tels rapprochements.
    Voilà mes réactions par rapport à votre mail un peu irrévérencieux mais auréolé de franchise. J’espère qu’il n’entachera pas nos relations futures. Je vous invite d’ailleurs à me rencontrer pour aller plus avant dans cette conversation et juger de visu de la sincérité de mes propos. Si cela vous agrée, vous pouvez venir en mon bureau du premier étage du centre administratif le lundi
18 août à 10 heures, nous aurons ainsi l’occasion de converser et d’aller plus avant dans l’une ou l’autre proposition.
    Si vous souhaitez comprendre de quoi se nourrit mon socialisme, je vous recommande la lecture d’une biographie de Louis Bertrand par Pierre Van Den Dungen :

Pierre Van Den Dungen, La foi du marbrier, Atelier Ledoux-Timperman, Bruxelles, 2000.

    À cette vision originelle plus socio-économique, j’ai intégré une très forte et sincère composante environnementale.
    Bonne lecture et à lundi prochain.
    Jean-Pierre DENIS.

lundi 11 août 2008 - Posted by | Politique communale | , ,

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