La vie à Manono…
Au centre-ville, on trouve quelques boutiques aux noms tels que Supermarket et Flash Alimentation. Des petits commerces poussiéreux, avec quelques restes de matériel scolaire ‑ craie, lattes, cahiers, papier ‑ sur des étagères vides. Et puis il y a un bar, bien qu’il ait fermé. Que pourrait-on bien consommer là-dedans, dans une ville sans bières ni sucrés ? D’après Espérance, on y sert uniquement l’alcool local.
« Il y a moyen de danser quelque part le week-end ?
‑ Bien sûr, le dimanche matin, à l’église luthérienne ! »
Espérance est née à Manono, ses parents habitent dans la cité, mais elle a vécu pendant des années à Ankoro ; elle a deux enfants d’un abbé à Malemba Nkulu.
« Un abbé ?
‑ Ben oui, tu pensais qu’un abbé ne pouvait pas avoir d’enfants ? »
[…]
Au retour, nous passons devant le majestueux bureau de poste. Les portes sont ouvertes. « Que pourrait-il bien se passer ici ? » Espérance a déjà gravi les marches. Derrière le comptoir, siège son ami Lucien, qui nous salue avec enthousiasme. Il sourit lorsque je demande s’il y a moyen d’envoyer une lettre depuis Manono et ouvre un tiroir avec des timbres zaïrois de toutes les tailles et couleurs.
« Et comment elle partirait d’ici ?
‑ Un cycliste pourrait l’amener jusqu’à Mulongo et de là le petit avion des protestants pourrait l’amener à Lubumbashi. » Une lettre pourrait très bien voyager ainsi pendant six mois, prévient-il, et pourrait naturellement ne jamais arriver du tout. « Pourquoi tu n’essaies pas ? Pour un paquet, on paie plus cher. »
Lieve JORIS, Danse du Léopard, Éditions Actes Sud, Paris, 2002, pages 518 à 519.
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c’est vrai la vie à manono ,aussi bien que dans les autres villes du nrd-katanga(kabalo,nyunzu,moba,kongolo,…)reste intenable depuis 1996.Ce qui peut faire vivre ce coin c’est la remise en service de la sncc.QUE les bàteaux reprenent leurs mouvements sur le fleuve(transport marchandises,passagers …)avec tous les éffets d’entrainement.Que les trains fassent de meme,et que les gouvernants songent à la rèhabilitation des routes de desserte agricole.QUE la centrale hydroélectrique de mpyana mwanga noyeé depuis 1998 pendant les hostilités soit remis en service; et vous verrez que manono redeviendra un véritable pole economique dans le nord-katanga.MAIS en entendant que cela arrive c’est le calvaire pour ces populations.